Mémoire de l'Indre
Mémoire de l'Indre

Histoires indriennes

Quelques histoires qui concernent le département de l'Indre, d'hier ou d'avant-hier. Les pages proposées sont éphémères et renouvelées régulièrement... Alors soyez attentif !

Le STO - Il y a 73 ans

Il y a 73 ans Vichy mettait en place le service du travail obligatoire (STO) par la loi du 16 février 1943. Cette loi faisait suite à toute une panoplie de mesures pour convaincre les jeunes Français et les autres d'aller travailler sur le territoire du IIIe Reich. Après le volontariat, la Relève, puis la Relève forcée, ce fut le STO qui aurait du s'appeler Service obligatoire du travail, mais Vichy changea le nom car l'abréviation SOT aurait été la risée de tous ! L'Etat français n'en restera pas là, puisque d'autres décrets et lois seront créés, pour répondre au quotas nazis. Le constat est simple, ceux qui étaient nés en 1922, ouvriers spécialisés et qui habitaient une ville, avaient peu de chance de passer au travers des mailles du filet. Les Nazis étaient intéressés surtout par des ouvriers spécialisés, mais Vichy n'en avait cure, il fallait ratisser large et répondre aux exigences et même plus.

Souvent dans les livres sur cette période, on met en avant l'égalité suivante : réfractaire = maquisard. Mais qu'en est-il exactement ? Pour Vichy et la justice, il y a deux cas de figures : insoumis et réfractaires. Les insoumis sont ceux qui se sont dérobés au recensement alors que les réfractaires ont été recensés et ont refusé de partir pour le STO. En cette année 1943, les maquis fleurissent un peu partout en France, mais attention, la plupart du temps, ce sont des maquis aux effectifs faibles, car il faut pouvoir assurer l'intendance et la logistique. Les réfractaires dans la majorité des cas, lorsqu'ils sont pris en charge par la Résistance, sont placés dans des fermes. Dans ce cas prendre le maquis correspond à un maquis planque, sans action, sans arme. En 1943, dans l'Indre, trois maquis actifs naissent, un seul survit à la fin de cette année ! Il faut attendre le débarquement pour que les réfractaires et insoumis se transforment en maquisards actifs !

Pour les requis partis sur le territoire du IIIe Reich, les retours se feront progressivement au fur et à mesure de l'avancée des troupes alliées. Les premiers retours s'effectuent à Châteauroux en avril 1945 et se poursuivront jusqu'au mois d'août de la même année. Le maxima est atteint au mois de mai et 92% de ces retours ont lieu durant les mois de mai et juin.

L'état sanitaire des rapatriés est contrôlé, il est certain que ceux qui ont le plus souffert, sont les déportés politiques, puis viennent les déportés du travail et enfin les prisonniers de guerre. Les taux des reconnus malades sont les suivants : 81% des déportés politiques, 52% des déportés du travail et enfin 4% pour les prisonniers de guerre. Les statistiques ne donnent aucun renseignement sur les déportés raciaux. Les maladies pour les STO sont, pour les prinicpales : odonto-stomatologie, faiblesses extrêmes, tuberculose...

Depuis 1992, les requis n'ont plus le droit d'utiliser le terme de déporté, mais en 2008, ils obtiennent le titre de victimes du travail forcé en Allemagne nazie.

Prochaine activité

Vendredi 28 septembre à 18 h à la Villa Stivalis de Chabris (Indre)

Conférence de Patrick Grosjean

Sur la réhabilitation de l'abbaye de Fontgombault au XIXe siècle